Web Analytics Made Easy - Statcounter
Skip links

Place à la parole bienveillante et collective en proche aidance

“Au temps des bernaches”
Un premier colloque couronné de succès !

La toute première édition du Colloque « Au temps des bernaches » a fait sa marque pour sensibiliser la communauté laurentienne à la reconnaissance et à la meilleure traitance des personnes proches aidantes. Un événement coporté par les organismes L’Antr’Aidant et la Maison Aloïs Alzheimer des Laurentides, en collaboration avec de nombreux partenaires; tous étant concernés par l’inclusion des différents visages de la proche aidance et l’amélioration des conditions de vie.

L’événement s’est déroulé le 26 mai dernier, au Les Sentiers – cimetière naturel – de Prévost, sous le thème: La bienveillance envers les personnes proches aidantes: une responsabilité partagée et des expertises à valoriser.

“ Souvent du jour au lendemain, on vit pour l’autre. On doit développer de nombreuses compétences toutes aussi diverses que spécialisées: on devient préposé au bénéficiaire, infirmier, pharmacien, expert de la maladie, spécialistes des moyens de transport, gestionnaire financier… avec d’importantes conséquences financières, sans presque aucun répit”  – participante du colloque

Le temps de reconnaître les proches aidants

Le rassemblement a réuni près d’une centaine de personnes proches aidantes aux réalités d’aidance diverses, venus des quatre coins des Laurentides. Il a permis de mettre en lumière et de reconnaître l’importance des savoirs expérientiels des personnes proches aidantes, de souligner leurs multiples accomplissements, de réfléchir ensemble, et d’agir comme un levier pour apporter des solutions concrètes et soutenantes.

Un colloque interactif

Animé de main de maître par Suzie Prénovost, le colloque interactif s’est déroulé en 3 temps inspirés de la thématique des bernaches, connues pour leur sens de la communauté et leur mouvement perpétuel. Introduits par des approches artistiques distinctes intégrant des performances et des ateliers, les panels de discussion animés par des proches aidants d’expérience et des professionnels du milieu, venus partager la richesse de leurs apprentissages, ont invité les participants a abordé avec authenticité et sensibilité les défis et les émotions vécus dans leur quotidien.

Des enjeux qui touchent 50 % des Québécois.ses

En 2022, 2 millions de personnes – soit 25 % de la population est proche aidante d’un autre 25 % de la population en situation de vulnérabilité. Sans compter que les personnes proches aidantes assument, à elles seules, 85 % des soins prodigués. Ce qui signifie, qu’à l’heure actuelle, 50 % de la population expérimente la proche aidance et ses défis. Sans oublier, les personnes qui ont été proches aidantes et celles qui le deviendront…

La proche aidance: une responsabilité partagée et un engagement à nourrir

En panels, ont été discutés la définition de la “personne proche aidante”, la préparation à la proche aidance, le choc, le stress, la vulnérabilité, les droits individuels et collectifs, l’instrumentalisation de leurs nombreux rôles, le changement de leur rôle au sein de la relation avec l’aidé.es, l’isolement, la santé mentale, les préjugés sociaux, les deuils, la recherche d’information et de connaissance, la disponibilité de ressources adaptées à leurs réalités respectives, la conciliation travail-aidance-famille, le dépassement de soi, la hiérarchisation de la proche aidance dans la société, l’importance de la fraternité, d’être fier de soi, de prendre soin de soi…

Une réalité qui est aussi la nôtre

Autant d’enjeux qui interpellent la qualité de vie des proches aidants et qui font écho aux besoins de soutien. De là, tout l’intérêt pour les organisateurs de réconcilier la population à la proche aidance et à la reconnaissance de ses réalités et besoins. Ceci dans le but de co-construire des solutions communes, communautaires et de proximité, dans un contexte de vieillissement accéléré de la population québécoise.

Les irritants et les besoins exprimés

Le rassemblement fût l’occasion pour les participants de partager certains plaidoyers, notamment: plus de services de répit – avoir accès à des jours complets, un accès plus rapide aux ressources, un accès à des services conseils professionnels dans toutes les sphères, des moyens pour alléger leur pression de productivité au quotidien, de repenser le potentiel non investi. Comment offrir une place plus importante aux personnes aidées et aux proches aidants au sein de la société ?

Les besoins suivants ont également été soulevés: avoir accès à plus d’espaces et d’occasions pour partager leurs expériences, la possibilité de participer à des groupes de soutien de façon récurrente, l’accès à des soins et des ressources pour réduire leur inquiétude, plus de soutien technique, psychologique et en santé mentale (pour les proches aidants et pour les personnes aidées), des services d’accompagnement sur le continuum, plus de communication – parler de proche aidance en famille, en société.

Un des plus vieux métiers du monde?

Est-ce naturel d’être proche aidant ? A-t-on le choix ? Les participants se sont entendus pour dire qu’ils aimeraient que le rôle de proche aidant soit mieux “connu et reconnu” et que des actions concrètes soient adoptées afin de rendre leur quotidien plus viable, allégé et heureux. C’est, entre autres, l’objectif de la nouvelle Charte de reconnaissance de l’expertise des personnes proches aidantes

“Souvent du jour au lendemain, on vit pour l’autre. On doit développer de nombreuses compétences toutes aussi diverses que spécialisées: on devient préposé au bénéficiaire, infirmier, pharmacien, expert de la maladie, spécialistes des moyens de transport, gestionnaire financier… avec d’importantes conséquences financières, sans presque aucun répit”, a témoigné une participante.

Se préparer en tant que société

Pourrions-nous rêver ensemble d’un modèle de société plus équitable et bienveillant, où les responsabilités et la prise en charge sont davantage partagées ? La question s’est posée.

Plus d’actions pour le proche aidance dans le collectif

Le cercle de parole citoyenne a suscité des pistes de réflexion pour la mise en place d’initiatives d’avenir pour renforcer le tissu social et aider les proches aidants à sortir de la réclusion. Parmi les solutions avancées: un financement plus à la hauteur des missions du milieu communautaire, la création de milieux de vie plus stimulants et l’animation de projets de mini-communautés dans les maisons de retraite et autres établissements, l’accès à plus de services de proximité, le développement de “cafés de rencontre” pour le partage d’expériences et faciliter le réseautage, l’augmentation des services de transport adapté, l’accès à des sessions de yoga, de méditation.

Une affaire de société

Le public a également échangé des idées de développement d’un guichet unique d’accompagnement et de guidance (vers les services appropriés) dans chaque MRC, de création d’équipes multidisciplinaires qui se déplacent à domicile, d’exporter les expertises et les services des organismes dans les MRC non-desservies, de développer des réseaux de répit spécialisé nuits et jours et des services téléphoniques d’aide et de guidance 7 jours sur 7, d’intégrer l’expérience et les savoirs des proches aidants dans l’éducation et au sein du réseau de la santé, de créer de nouveaux services adaptés et créatifs inspirés des besoins actuels, du déploiement de campagnes d’information et de sensibilisation publiques.

Autant de matière à réflexion et à actions qui laissent croire qu’il y aura des suites et que l’événement est, d’ores et déjà, devenu un incontournable dans les Laurentides.

Un événement rendu possible grâce à la participation de précieux partenaires. L’Antr’Aidant et la Maison Aloïs Alzheimer des Laurentides ont tenu à remercier Mme Marguerite Blais, Députée de Prévost et Ministre responsable des Aînés et des proches aidants d’avoir initié et soutenu ce Colloque ; à Centraide Laurentides pour leur soutien financier ; à l’équipe des Sentiers ; merci à Économie sociale Laurentides particulièrement à Marc-André et Anny, pour la co-construction du Cercle de parole citoyenne ; merci à M. Youri Chassin, député de St-Jérôme ; Mme Agnès Grondin, députée d’Argenteuil et Mme Nadine Girault, députée de Bertrand pour leur contribution ; merci à M. Éric Girard, député de Groulx et Ministre des finances; à Mme Lucie Lecours, députée de Les Plaines ; merci à M. Rhéal Fortin, député de Rivière-du-Nord ; à Mme Sylvie D’amours, députée de Mirabel et Mme Marie-Hélène Gaudreau, députée de Laurentides-Labelle ; merci à tous les participants!