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L’économie sociale pour innover dans le secteur des camps de vacances

L’univers des camps de vacances s’est beaucoup transformé au cours des 30 dernières années. Si les étés passés au camp font partie des souvenirs d’enfance de nombreux Québécois, l’évolution de la culture des vacances chez les familles amène son lot de défis.

Fondé au bord du lac de l’Achigan à Saint-Hippolyte en 1928 par l’Institut Bruchési de Montréal, le Camp Bruchési, appelé à l’époque les Camps de santé Bruchési, est apparu en réponse à une crise sanitaire qui a durement frappé le Québec au début du XXe siècle. Une épidémie de tuberculose sévit alors, et n’épargne pas les enfants. Afin de freiner cette maladie qui s’attaquait principalement aux poumons, on envoie les malades dans des établissements éloignés des centres urbains pour les soumettre à des traitements au grand air. Et comme c’est encore le cas aujourd’hui, les maladies graves qui se propageaient par contagion avaient particulièrement d’emprise dans les milieux défavorisés. Afin de répondre à cette problématique, durant plusieurs années, les Camps de santé Bruchési recevront des centaines de garçons et de filles provenant majoritairement des quartiers les plus pauvres de la métropole pour des séjours de deux mois.

“ Ce type d’organisation permet aux gens de se développer et de devenir des personnes intégrantes de la société. C’est une voie de prolongement après la famille et l’école, où on apprend à développer son estime de soi, à vivre en groupe et à se dépasser soi-même, le tout dans un cadre ludique et sécuritaire. C’est important de donner accès à ça à tout le monde ”

Heureusement, la lutte à la tuberculose fut efficace et le lieu réorienta par la suite sa mission vers une vocation plus sociale. Il s’associe alors avec différents hôpitaux et centres de services sociaux ayant pour objectif d’aider les familles en difficultés financières en donnant accès à une expérience de camp de vacances aux enfants défavorisés.

Poursuivre sa mission sociale… pour innover

Aujourd’hui, le camp, considéré comme joyau patrimonial, est administré par un organisme à but non lucratif fondé il y a maintenant 14 ans, Plein-Air Bruchési. Grâce au Programme d’assistance financière à l’accessibilité aux camps de vacances (PAFACV) du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), il peut offrir une tarification réduite ainsi que des gratuités à des enfants référés par le réseau des Centres jeunesse ou vivants avec un handicap, en plus de subventionner le séjour d’enfants provenant de familles à faibles revenus. Il accueille également d’autres camps de vacances, notamment de Montréal, afin que ces jeunes puissent accéder à des activités et des installations en nature. Et puisque le camp est ouvert à tous, ce sont environ 500 personnes au total qui se retrouvent généralement en même temps sur ce site reconnu dans la région durant la saison estivale.

Mais le camp doit composer avec de nouvelles réalités, notamment la transformation et le développement du secteur des loisirs municipaux, qui offre de plus en plus d’activités de type camp de jour aux communautés. S’ajoute à cela le prix élevé des camps de vacances modernes, un frein à l’accessibilité pour plusieurs familles, qui se tournent alors naturellement vers la programmation de loisirs et de sports de leur municipalité.
C’est pourquoi le Camp Bruchési a choisi de développer son offre de services en ajoutant des activités hors saison orientées, entre autres, vers des clientèles spécifiques. Ouvert à l’année depuis trois ans, il offre maintenant des fins de semaines de répit aux familles dont les enfants ont des besoins particuliers, comme ceux vivant avec le trouble du spectre de l’autisme. Ces jeunes ont alors la possibilité de vivre l’expérience d’un camp de vacances tout en étant encadrés par des animateurs formés, tandis que les parents se reposent. Autre nouveauté, le camp du temps des Fêtes, qui permet à des enfants de familles défavorisées d’avoir accès à une célébration traditionnelle de Noël. Des activités pour tous durant la semaine de relâche ainsi que pendant la période des sucres sont aussi en développement.

L’importance de l’aspect humain

Son directeur général, Nicolas de Lorimier, a un attachement particulier envers l’endroit, lui dont les parents se sont rencontrés en travaillant au Camp Bruchési au début des années 1980.

« J’ai passé ma jeunesse dans les camps. Ça m’a appris à me découvrir et ensuite, ça m’a permis de faire mes premières armes dans le monde professionnel. Ce type d’organisation permet aux gens de se développer et de devenir des personnes intégrantes de la société. C’est une voie de prolongement après la famille et l’école, où on apprend à développer son estime de soi, à vivre en groupe et à se dépasser soi-même, le tout dans un cadre ludique et sécuritaire. C’est important de donner accès à ça à tout le monde », explique Nicolas.

« Le côté humain est aussi très important au niveau des ressources humaines. Nous avons de très grosses équipes de travail qui accueillent énormément d’usagers chaque année. Et ce n’est pas rare que d’anciens usagers finissent ensuite par s’impliquer au camp. La communauté qui entoure le camp est forte », poursuit-il.

Un travail stimulant

Pour Nicolas, occuper un poste comme le sien favorise l’engagement envers la mission de l’organisation.

« C’est un véritable terrain de jeu pour entrepreneurs! On démarre des projets, il y a une grande polyvalence dans les tâches. C’est un travail varié qui te permet de toucher à tout et de profiter de la nature en même temps. Et on récolte les bénéfices du travail des années passées. Nous sommes maintenant une organisation assez forte pour faire face au changement et perdurer dans le temps, en plus d’avoir un accroissement de notre clientèle. Le Camp Bruchési est là pour rester! », conclut-il.

Le Camp Bruchési en chiffres 

7 : Nombre de sièges au conseil d’administration
0 $ : Coût pour l’adhésion (gratuit) qui est ouverte à toute personne désirant s’impliquer
10 % : Pourcentage moyen des revenus annuels du camp qui sont réinvestis dans l’ajout d’activités et l’amélioration de ses installations
16 : Nombre de bâtiments sur le site
3,5 : Superficie du site en millions de pieds carrés dont 3000 en plage de sable
650 : Nombre de personnes pouvant être accueillies sur le site de jour
350 : Nombre de lits
8000 : Nombre d’enfants accueillis chaque été
124 : Nombre d’employés