Web Analytics Made Easy - Statcounter
Skip links

L’économie sociale pour répondre aux enjeux liés de vieillissement

Portrait Maison Alois Alzheimer

La population du Québec est déjà l’une des plus vieilles du monde et des études démontrent que d’ici 2031, un quart des Québécois et Québécoises seront des personnes âgées. La prévalence augmentant avec l’âge, plusieurs d’entre eux présenteront des troubles cognitifs qui affecteront leur autonomie. Terre d’accueil des retraités urbains, la région des Laurentides n’y échappe pas.

À la Maison Aloïs Alzheimer des Laurentides, la directrice générale, Guylaine Charlot, observe une demande accrue des besoins de la dyade proche aidant et personne vivant avec un trouble cognitif. “Ce qui me préoccupe pour les années à venir, c’est notre capacité à assurer l’accès, la disponibilité et la diversité des services qui seront nécessaires pour répondre aux besoins qui sont déjà criants”.

“ Depuis près de 20 ans, la Maison Aloïs Alzheimer des Laurentides accompagne les personnes vivant avec un trouble cognitif et leurs proches aidants afin de contribuer à l’amélioration de leurs conditions de vie, tout au long de leur parcours. ”

L’approche de proximité, balisée par le respect de la dignité, vise le maintien de l’identité des personnes.

“Sans prétention, je considère notre organisme comme un vecteur de l’essor économique régional avec un budget d’exploitation qui dépasse les 600 000$. L’équipe compte près de 20 employés – 90% d’entre eux sont diplômés – formés en continu afin de toujours mieux accompagner notre clientèle”, souligne la directrice qui précise qu’un peu plus de 70% de son budget provient de sources diverses de financement public et 30 % de la contribution du milieu tels que la cotisation des membres et les activités de levés de fonds.

Pour aider plus et aider mieux, Mme Charlot, explique qu’en développant des produits et des services complémentaires à l’offre actuelle de l’organisme – tout en maintenant une grille tarifaire qui tient compte des moyens de payer des utilisateurs – elle pourrait générer des revenus autonomes pour contribuer au financement de la mission.

“Mon équipe et moi préférerions investir toutes nos énergies à offrir du service direct à la population, plutôt qu’à organiser des levées de fonds qui sont loin d’être payantes à la hauteur de nos besoins”, explique la directrice qui laisse sous-entendre avoir plus d’une fois mis la main à la pâte pour organiser des soupers spaghettis. Selon elle, la diversification des revenus par la vente de produits ou la tarification de certains services devrait être encouragé par le gouvernement, dans la mesure où cela ne nuit pas à la mission et que l’organisme continue de répondre aux huit critères de l’action communautaire autonome.

« Les revenus autonomes permettraient une meilleure stabilité des ressources humaines, matérielles et financières en plus de supporter le développement et la croissance de l’organisme ainsi que la pérennité de nos services”, dit Mme Charlot. Et cette dernière de confier « Je suis certaine que plusieurs gestionnaires bienveillants seraient fiers de déployer leur fibre entrepreneuriale au profit de leur organisme! »

Les besoins des personnes vieillissantes sont en constante augmentation. « Pourquoi ce ne serait pas les organismes qui ont l’expertise pour le faire qui répondent à la demande? Surtout, que ces activités économiques ne sont pas dans le but de faire du profit, mais plutôt dans celui de répondre aux besoins de ses membres et de la communauté qui l’accueille. » lance-t-elle.

Innover avec la gériatrie sociale dans les Laurentides

Dans le but de favoriser l’accompagnement de proximité, la Maison Aloïs et L’Antr’Aidant souhaitent mettre sur pied un Carrefour de gériatrie sociale dans la MRC des Pays-d’en-Haut. Leur souhait est de rassembler – sous un même toit – les acteurs clés qui visent le maintien de l’identité et de l’autonomie à travers le parcours de vieillissement et de la proche aidance dans une visée de meilleure inclusion sociale.

“La gériatrie sociale s’appuie sur des alliances avec différents acteurs, comme les organismes communautaires, les EESAD et les coopératives de santé, sans oublier les professionnels et les ressources institutionnelles publiques et privées”, explique la directrice. De plus, elle y voit une solution pour faire face à la rareté de main-d’œuvre, en mutualisant certains des services.

La Maison Aloïs au quotidien

Du lundi au vendredi, dès 8 h le matin, l’équipe reçoit près d’une trentaine de personnes atteintes d’Alzheimer et d’autres troubles neurocognitifs majeurs. Les arrivées n’étant pas à heure fixe, le participant se joint à l’activité en cours ou va à la rencontre d’un ami qui l’accueille.

Café à la main, la matinée débute doucement avec un brin de causette ou un mot croisé collectif, par exemple. Ensuite, le groupe se dirige vers la grande salle où se poursuit la programmation de la journée : exercices de vitalité, jeux et yoga sur chaise.

Durant ce temps, les intervenants en gérontologie font un suivi de la médication à distribuer et des particularités alimentaires des participants. De leur côté, les bénévoles et quelques participants mettent la main à la pâte pour la préparation du dîner et des collations.

La fin du repas fait place à une pause détente au cours de laquelle, certains dorment ou s’adonnent à des activités de leur choix : coloriage de Mandala, casse-tête et autres.

L’après-midi se poursuit avec un atelier de type musical, art créatif, zoothérapie, horticulture ou autres. Vers 15 h, une collation est servie avant de débuter les dernières animations de la journée.

De retour à la maison, il y a fort à parier que chacun aura des histoires à raconter. Ainsi se déroule une journée à la Maison Aloïs.

Telle une grande famille

Formée d’une vingtaine d’employés et d’une quarantaine de bénévoles, l’équipe empathique de la Maison Aloïs Alzheimer des Laurentides offre de l’accompagnement répit à domicile et un milieu de vie familial, modèle qui parfois s’effrite lorsqu’une personne est atteinte d’un trouble neurocognitif.

En ce qui a trait à la gouvernance, le conseil d’administration est composé de sept administrateurs qui proviennent de divers milieux riches d’expertises. “On travaille ensemble, main dans la main”, confirme la directrice générale. Chacun d’entre eux a expérimenté ou vit un parcours de proche aidance en lien avec une maladie neurocognitive les reliant directement à la mission de la Maison. Grâce à leur vécu, ils ont tous un regard direct sur cette réalité, ce qui les motive à s’impliquer activement.

Guylaine Charlot conclut: “J’ai la volonté et le désir de vivre dans un monde meilleur.  Ma motivation quotidienne vient du fait que je fais une différence positive dans la vie des gens.  Je sais pour qui je le fais.  Je sais pourquoi je le fais. Ici, à la Maison Aloïs, on apprécie chaque personne pour qui elle est et pour ce qu’elle a apporté, et apporte encore, à notre société.  Je me fais la voix de toute l’équipe en disant que nous les aimons tous.”