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L’étonnante télévision à l’écoute de sa communauté

Dans ce portrait d’entreprise, TVBL démontre qu’aujourd’hui encore, parmi les milliers de chaînes maintenant accessibles par le biais de nouveaux moyens de diffusion, la télévision communautaire demeure un espace local et démocratique, qui adhère aux valeurs de l’économie sociale.

Dans les Laurentides, il existe un joueur médiatique autonome qui désire être socialement utile et qui, pour déployer sa mission, finance sept des huit emplois permanents de son équipe par le Télé-Bingo.  Renversant, n’est-ce pas ? Cette télévision, on la nomme communautaire et, malgré que l’on peut avoir une vision déformée en pensant qu’elle a peu de moyens, sachez qu’elle est équipée à la fine pointe de la technologie. Génial, non ? Et le plus beau : ses portes sont ouvertes aux citoyens qui souhaitent acquérir des connaissances, de l’expérience et des compétences par ses activités reliées à la production télévisée locale.

“ Plus que jamais d’actualité pour le citoyen qui souhaite être connecté à sa communauté, découvrez la Télévision des Basses-Laurentides (TVBL) qui reflète votre actualité ! ”

À l’image de la région

 « Malgré une proximité géographique, les Basses-Laurentides, ce n’est pas Montréal », lance d’entrée de jeu Natacha Brisson, directrice générale de TVBL, qui met en contexte l’importance de la télévision communautaire, en enchaînant : « Depuis près de 30 ans, la TVBL se veut un média à la portée de tous, accessible et proche des citoyens des 22 villes desservies ».

Selon la directrice, la programmation locale et originale favorise la communication à deux sens, se veut le reflet des préoccupations des communautés locales et donne l’accès et la parole aux gens ordinaires qui habituellement n’ont pas leur place dans les médias de masse.

Dans cette optique, chaque année, TVBL propose à la collectivité de soumettre des projets-télé qui reflètent les réalités et les intérêts des citoyens de la région pour les intégrer dans sa programmation régulière.  Grâce à cette possibilité, Véronique Pierre peut faire découvrir les personnalités et les commerces de la communauté anglophone de la région, via la série 450 North, qu’elle réalise avec TVBL.  Autre exemple : on peut visionner le magazine Trouvailles, qui met de l’avant l’achat local, lancé par la Chambre de commerce et d’industrie Thérèse-De Blainville (CCITB).

« On ne vise rien de moins que de devenir la référence de l’actualité », souligne la directrice qui avoue avec une pointe d’humour : « En équipe, on se plait à imaginer les téléspectateurs enregistrer District 31 pour pouvoir regarder Accès Local, notre émission d’informations, qui met de l’avant les gens d’ici ! ».

De plus, dans le cadre de sa programmation régulière, TVBL propose les émissions Zone familiale – témoignages des organismes qui ont à cœur le bien-être de la population par des discussions qui font ressortir le meilleur de l’humain – et La clé du succès, qui présente des entrevues de fond avec les membres de la communauté d’affaires de la région.

« En ce qui a trait au Télé-Bingo du dimanche, pour la TVBL, c’est ce qui fait la différence entre vivre et bien vivre », explique Natacha Brisson, précisant que l’entreprise d’économie sociale opère aujourd’hui avec 95% de revenus autonomes.

À la base, une obligation du CRTC

On peut lire sur le site web de la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec que l’arrivée de la télévision communautaire coïncide avec le développement de la câblodistribution au Canada. Voyez-vous, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) souhaitait que les entreprises de câblodistribution réinvestissent des sommes d’argent pour partager les ondes et offrir un service aux abonnés, d’où l’apparition du canal communautaire.

C’est donc une obligation sociale et réglementaire du CRTC qui a permis la naissance de la télévision communautaire au début des années 70.

À l’époque, des groupes de citoyens ont choisi de mettre sur pied ce type de média communautaire parce qu’ils croyaient à la liberté d’expression, à la prise de parole citoyenne et à la possibilité de participer aux changements sociaux. La télévision devenait accessible et formatrice pour les militants qui choisissaient de s’y impliquer. Les élus locaux y trouvaient une tribune et les groupes populaires, un outil pour faire connaître leur vision des changements sociaux et les actions à poser pour permettre ces changements.

Aujourd’hui encore, parmi les milliers de chaînes maintenant accessibles par le biais de nouveaux moyens de diffusion, la télévision communautaire demeure un espace local et démocratique, qui adhère aux valeurs de l’économie sociale et réservé aux citoyens et citoyennes.  Il en existe une quarantaine au Québec et trois dans les Laurentides.

 

Démocratisation de la production vidéo

« Être bénévole à la TVBL, c’est le chemin idéal à emprunter avant de faire le saut vers les grandes chaînes et les plateaux de grandes envergures », souligne Natacha Brisson qui explique que pour les étudiants en cinéma ou en communication, l’expérience accumulée à TVBL peut s’avérer très payante pour eux. « Pour d’autres, qui ne visent pas nécessairement une carrière dans les médias, il s’agit d’une bonne façon de se donner un défi personnel », ajoute-t-elle.

Pendant longtemps ils ont été la pierre angulaire de la télévision communautaire, toutefois, les bénévoles au de plus en plus difficile à recruter, selon Natacha Brisson, depuis la démocratisation des outils de production ainsi que des chaînes médiatiques, telles que YouTube.  La pandémie n’a pas aidé.  « Encore aujourd’hui, il est difficile de réintégrer tous nos bénévoles, compte tenu des mesures sanitaires », informe la directrice.

À la veille d’un Lac-à-l’épaule, une réflexion en profondeur sur la place des bénévoles au sein de l’organisation sera amorcée avec les administrateurs de l’organisme.  « La gouvernance, c’est le nerf de la guerre », déclame la directrice qui n’a que de bons mots pour les membres du conseil d’administration de TVBL.

« Nous n’avons pas de postes réservés à des secteurs spécifiques.  Le CA est plutôt composé de gens passionnés, qui, à la veille du 30e anniversaire de TVBL, vivent l’effervescence de notre croissance comme toute l’équipe ! », spécifie Natacha Brisson, elle-même impliquée sur de nombreux conseils d’administration : CJE Deux-Montagnes, Cible Emploi, Film Laurentides et quelques comités de la Chambre de commerce et d’industrie Thérèse-De Blainville.  Elle a aussi siégé pendant huit ans sur le CA de la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec.

Des défis vertigineux

Après avoir relevé des années financières difficiles en développant des services corporatifs, le financement n’est plus un enjeu. Selon la directrice, l’engagement des membres contribue aussi à la croissance : ils adhèrent à la mission, ils sont des ambassadeurs de l’organisation et donc, une extension de l’équipe en place.

Les défis demeurent nombreux : traverser le passage du désabonnement du câble et affronter la nouvelle ère Netflix, revoir l’image, le site web ainsi que les réseaux sociaux de TVBL et continuer à rejoindre les citoyens.  « On voit notre rôle comme essentiel et au courant des prochaines années, il faudra savoir se démarquer de façon durable, en tenant compte des situations particulières à notre territoire », explique Natacha Brisson qui a récemment décidé de s’allier à un expert en gestion d’équipe. « En toute humilité, il ne faut pas avoir peur de reconnaître qu’on n’est pas bon dans tout.  Et de savoir bien s’entourer, c’est gage de succès », confie-t-elle.

Selon la directrice générale, qui est en poste depuis 13 ans à TVBL, le noyau de l’entreprise c’est l’équipe en place.  Composée de huit postes permanents et de six contractuels, c’est une équipe stable, fidèle et loyale, qui a la volonté d’avancer pour passer à-travers les prochaines années. « Peu importe ce qui arrivera, nous serons forts ensemble », conclut Natacha Brisson qui insuffle à son équipe le bonheur de faire un travail aussi passionnant, qui contribue au dynamisme et à la vitalité de la région.